Chapitre 1 : Dans la France provinciale...
Olympe , pars vite, ils arrivent ! cria son frère Antoine depuis l'écurie.
Olympe se précipita dans sa chambre de quelques mètres carrés, avec un lit, une petite bibliothèque, une table et une chaise comme mobilier. Elle se mit du côté de la fenêtre pour voir ce qu'il se passait dehors : son père et son frère discutaient avec un homme en uniforme. Ce qui faisait peur chez lui, c'était le pistolet qui sortait de sa poche, un pistolet bien visible.
En ce froid matin d' Octobre 1788 , les habitants du petit village de Villeneuve voyaient arriver un régiment de soldats venus prélever les impôts.
Mais cette année , les récoltes avaient été très mauvaises et l'on se demandait ce que l'on pourrait prélever aux familles qui n'avaient presque rien. Olympe savait très bien que l'argent des impôts du peuple qui travaillait si dur pour l'avoir servait pour les futilités de la cour de Versailles , et notamment pour la garde-robe de Marie Antoinette. Pendant que la reine devait probablement jouer aux jeux de hasard, et que le roi Louis XVI réparait des horloges , les habitants allaient recevoir leur visite annuelle, qui annonçait de sinistres évènements. Son père , Jacques Bertaud ne pourrait pas payer la somme qu'il devait, s'il voulait que sa famille , c'est à dire son frère et elle survivent à cette famine.
Olympe n'avait jamais connue sa mère , qui était morte en couche ; mais elle avait le même caractère qu'elle , cette envie de révolte contre l'injustice grandissante . Leur père travaillait toute la journée, ne s'arrêtant que pour s'occuper de ses enfants quand ils étaient petits
Et puis avec les années , Antoine , l'ainé aidait son père dans les champs , et elle s'occupait de la maison et faisait la lecture à des vieilles dames du village pour avoir plus d'argent . Mais avec les tempêtes à répétition de cette année , la famille allait droit à la ruine , il ne restait plus qu'une seule solution pour pouvoir survivre : mentir sur la quantité exacte dde céréales récoltées. La famille Bertaud savait que ce mensonge pouvait être durement payé : des paysans de la région avait été condamnés à mort pour la peine. Mais ils n'avaient plus le choix.
Les trois hommes se dirigèrent ensuite vers l'écurie, où étaient rangés les sacs de céréales , pour la taxe. Les autres étaient enterrés sous le plancher, qu'ils avaient refaient quelques jours auparavant.
Le silence terrifia la jeune fille de 18 ans. Elle aurait voulu être avec eux, pour s'assurer que tout se passerait bien. Et puis elle entendit un cou de feu, suivi d'un cri. Quelques secondes plus tard, l'homme en uniforme partit sur son cheval au galop. Elle se précipita dans l'écurie : son père était allongé sur le sol , une tache rouge se formait sur sa poitrine : le préleveur des impôts avait compris , et avait rendu justice à son roi. Olympe s'écroula sur le sol ,et pleura dans les bras de son frère.
Ils étaient devenus orphelins. Maintenant ,il ne leur restait plus rien : les biens des condamnés étaient saisis.
"- Qu 'allons nous faire Antoine ? sanglota la jeune fille, nous n'avons pas d'argent, plus de terres!
Après un moment de réflexion, son frère répondit :
- Nous pourrions aller à Paris, il doit y avoir du travail, et il parait que c'est là-bas que les hommes se réunissent pour parler de liberté et de révolution, comme en Amérique. On prépare les Etats Géneraux de Versailles."
La décision fut approuvée après avoir enterré leur père près de leur ancienne maison , puisque ce n'était plus la leur , les enfants prirent quelques affaires , et partirent avec leur cheval pour Paris.
Antoine n'avait presque rien gardé. Olympe avait pris avec elle le livre préféré de sa mère, Rousseau, " Du Contrat Social"
Une nouvelle vie commençait pour eux, qu'ils espéraient plus heureuse, le regretteraient - ils?